L’intention est bonne. Proposer aux tout nouveaux lycéens l’ensemble des manuels scolaires de l’année, pour une somme très raisonnable, rend un réel service aux parents.
Avec un chèque d’un montant de 40 euros, l’élève peut ainsi disposer pendant un an de livres qui, à l’achat, coûteraient au moins le double. Cette somme comprend la "location", une caution de 15 euros (le prix moyen d’un manuel scolaire), et l’adhésion à l’association de parents d’élèves.
Là est l’enjeu stratégique. Pour des motifs parfaitement nobles -l’expression collective des parents d’élèves-, les associations ont intérêt à rassembler, dès avant la rentrée scolaire, un maximum d’adhésions. Et pour réchauffer les tièdes convictions participatives des familles, rien de tel que cette offre de livres à moindre coût : une réelle économie dans le budget familial.
Dans tous les lycées de France, des parents relaient cette initiative. Mais malgré le caractère bénévole de leur engagement, certains se sont laissés contaminer par les réflexes mercantiles de notre culture moderne.
Obtenir une aide publique
Au lycée Bel-Air de Sainte-Suzanne, des associations ont décidé d’utiliser des méthodes commerciales pour rivaliser. L’une propose une réduction de 2 euros ; l’autre suggère une négociation ; une troisième rappelle son existence en déplorant ces pratiques... Les enfants sont mis à contribution pour distribuer des prospectus ; des parents sollicitent directement les nouveaux inscrits.
On n’est pas loin des promotions clamées le samedi dans les haut-parleurs des hypermarchés. Le monde des associations de parents d’élèves mimerait-il une école de techniques commerciales, l’apparence vestimentaire en moins ?
Le feuillet bleu distribué aux parents renforce la comparaison avec les comportements d’entreprises privées. Il permet à l’association, à laquelle le parent vient d’adhérer, d’obtenir une aide de 50 euros accordée par le conseil régional. Obtenir des subventions publiques avec des méthodes commerciales : c’est là un grand classique des entreprises privées.