Ils s’amusent en bandes de trois ou quatre. De gentils garçons, d’une manière générale, courbés comme des jockeys sur leurs vélos-cross, descendant à fond la caisse les côtes de Sainte-Suzanne.
Dans le noir complet, si possible, à l’heure où les parents regardent la télévision et où les automobilistes ne sont plus freinés par les embouteillages. Ils pédalent jusqu’en haut de la côte non éclairée, jusqu’aux grilles de la gendarmerie, puis font la course en descente (un "pousse", comme on dit à la Réunion), sans aucun éclairage.
Un motard a failli les percuter un soir : "je ne les avais pas vus. C’est eux qui m’ont évité". Le motard accuse directement les constructeurs de vélos : "ils pourraient mettre un éclairage sur chaque vélo... Avant, on avait des dynamos".
Une habitante leur a demandé si leurs parents ne s’inquiétaient pas. Rires dans le groupe "lui, il n’a plus de parents". Les autres affirment être prudents. Ils en ont bien besoin, vu la vitesse de certains conducteurs nocturnes.